Article initialement publié le 14 septembre 2026 sur la page LinkedIn corporate de KLDP Institute. Par Kandy Lieu et David-Alexandre Pronier.
Le montant d’une acquisition, lorsqu’il est rendu public, retient l’attention. Les conditions qui permettront d’en réaliser la promesse le sont beaucoup moins. C’est dans cet écart que s’inscrit la réflexion de KLDP Institute sur la protection de la valeur.
Revenir sur les années 2023, 2024 et 2025 exige toutefois une première discipline : définir le marché dont nous parlons. Les acquisitions de cibles françaises, les opérations impliquant un groupe français à l’étranger et les investissements minoritaires ne forment pas nécessairement le même ensemble.
2023 et 2024 : une comparaison à périmètre documenté
Dans son étude franco-allemande publiée en mai 2025, PwC recense 3 354 opérations en France en 2023, puis 3 244 en 2024. [S1] Cette série issue de Zephyr couvre aussi des investissements minoritaires, augmentations de capital, coentreprises, rachats d’actions et scissions. Elle dépasse donc les seules acquisitions de contrôle.
Une autre étude PwC, publiée en février 2025, indique pour 2024 un volume français de 1 326 transactions et une valeur de 60,3 milliards de dollars. [S2] Ces données ne doivent pas être substituées à la série précédente. L’écart entre les publications impose de conserver leurs périmètres, bases et dates d’extraction respectifs.
2025 : un rebond annoncé, à lire avec sa date d’arrêté
Le Monde rapporte 192 milliards de dollars d’opérations annoncées impliquant une entreprise française, du 1er janvier au 17 décembre 2025, selon LSEG. [S3] Il ne s’agit ni d’un total limité aux cibles françaises, ni d’un bilan de toutes les opérations définitivement réalisées au 31 décembre.
Ces observations ne constituent donc pas une série unique à trois points. Les représenter comme une courbe continue créerait une précision artificielle. Pour un dirigeant, la bonne question commence avant le commentaire économique : quelles opérations sont incluses dans le chiffre que l’on me présente ?
Ce que ces données ne démontrent pas
Une hausse du montant des transactions ne prouve pas une amélioration de leur intégration. Une baisse de leur nombre ne prouve pas davantage que les opérations restantes créent plus de valeur. Ces statistiques décrivent une activité transactionnelle ; elles n’évaluent pas ce qui arrive ensuite aux clients, aux savoir-faire et aux capacités collectives.
La contribution que nous souhaitons apporter se situe à cet endroit. Une acquisition repose sur des hypothèses : conserver une expertise, accéder à une clientèle, combiner des offres, accélérer un développement. Chaque hypothèse dépend de personnes, de relations, de décisions et de pratiques.
Prenons un exemple hypothétique. Un acquéreur prévoit de vendre une offre complémentaire aux clients de la cible. Le calcul peut être cohérent. Mais si les équipes ne savent pas qualifier ensemble une opportunité, si les règles de rémunération se contredisent ou si les clients refusent la nouvelle proposition, le potentiel restera théorique. Ce mécanisme n’est pas démontré par les chiffres du marché : il doit être examiné dans chaque entreprise.
Passer du constat à une question de direction
Nous proposons de relier chaque promesse d’acquisition à trois éléments : une capacité nécessaire, une vulnérabilité observable et une décision attribuée à un responsable. Conserver un portefeuille client, par exemple, exige de savoir qui entretient la relation, ce qui pourrait la fragiliser et qui doit intervenir.
Cette approche ne remplace pas l’analyse financière. Elle cherche à rendre visibles certaines de ses conditions de réalisation. Elle rejoint l’attention portée par Bain à la préparation de l’intégration pendant la due diligence. [S4]
Avant de demander combien vaut une entreprise, une autre question mérite donc sa place dans la discussion : qu’est-ce qui doit continuer à fonctionner pour que cette valeur se réalise ?
Kandy Lieu & David-Alexandre Pronier | KLDP Institute
Sources
S1 — PwC — Marchés français et allemands du M&A, 5 mai 2025
S2 — PwC — Les tendances du M&A en 2025, 13 février 2025
S4 — Bain & Company — The 10 Steps to Successful M&A Integration, 2024
De la protection de la valeur à sa réalisation
KLDP Institute développe un système propriétaire de recherche, de diagnostic et de décision consacré à la protection de la valeur. Kintsugi Consulting accompagne les dirigeants, les managers et les équipes pour traduire les décisions de transformation en pratiques réellement adoptées.
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